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Romans

 

L’hiver du mécontentement, Flammarion, 2018

 

L’Hiver du mécontentement, c’est ainsi que le journal le Sunqualifia l’hiver 1978-1979, où des grèves monstrueuses paralysèrent des mois durant la Grande-Bretagne. Voici venir l’hiver de notre mécontentement, ce sont aussi les premiers mots que prononce Richard III dans la pièce de Shakespeare. Ce personnage, la jeune Candice va le jouer, dans une mise en scène exclusivement féminine. Entre deux tournées à vélo pour livrer des courriers dans un Londres en proie au désordre, elle cherchera à comprendre qui est Richard III et le sens de sa conquête du pouvoir. Au théâtre Warehouse, lors d’une répétition, elle croisera une Margaret Thatcher encore méconnue venue prendre un cours de diction et déjà bien décidée à se hisser à la tête du pays. Elle fera aussi la rencontre de Jones, jeune musicien brutalement licencié et peu armé face aux changements qui s’annoncent.

Thomas B. Reverdy écrit le roman de cet hiver qui a sonné le glas d’une époque et accouché d’un autre monde, un monde sans pitié où Just do it ne servira bientôt qu’à vendre des chaussures. Mais il raconte aussi comment de jeunes gens réussissent à s’y faire une place, en luttant avec toute la vitalité, la détermination et les rêves de leur âge.

Couverture du roman Les évaporés
Couverture du roman Les évaporés

Le jardin des colonies, Flammarion, 2017

 

En bordure du bois de Vincennes, non loin de l’ancien palais des Colonies devenu le Musée de l’histoire de l’immigration, se cache un jardin méconnu. L’atmosphère de ses ruines gagnées par la végétation tient à son histoire. Créé à la Belle Époque pour perfectionner l’agronomie coloniale, il estrapidement devenu la vitrine de l’Empire. C’est aussi là qu’a été construite la première mosquée de France.
Un écrivain désireux d’y trouver l’inspiration pour un roman d’aventure s’y fait accompagner par un jeune chercheur en histoire. Tous deux partent sur les traces du fantasque fondateur du jardin, l’explorateur Jean Thadée Dybowski.
Leur promenade est l’occasion d’un vagabondage érudit et amusé dans ces lieux où se déchiffrent encore l’histoire coloniale et sa représentation. Elle est aussi le moyen d’une interrogation sur cette mémoire plus que jamais brûlante. Et si nos peurs, comme nos nostalgies, n’étaient qu’affaire de décor?

Il était une ville, Flammarion, 2015

 

Ici, les maisons ne valent plus rien et les gens s’en vont, en les abandonnant purement et simplement ; la ville est en lambeaux. Nous sommes à Detroit en 2008 et une blague circule : que le dernier qui parte éteigne la lumière. On dirait que c’est arrivé.

C’est dans cette ville menacée de faillite qu’Eugène, un jeune ingénieur français, débarque pour superviser un projet automobile. C’est dans un de ces quartiers désertés que grandit Charlie, Charlie qui vient, à l’instar de centaines d’enfants, de disparaître. Mais pour aller où, bon Dieu, se demande l’inspecteur Brown chargé de l’enquête. C’est là, aussi, qu’Eugène rencontrera Candice, la serveuse au sourire brillant et rouge. Et que Gloria, la grand-mère de Charlie, déploiera tout ce qui lui reste d’amour pour le retrouver.

Thomas B. Reverdy nous emmène dans une ville mythique des États-Unis devenue fantôme et met en scène des vies d’aujourd’hui, dans un monde que la crise a voué à l’abandon. Avec une poésie et une sensibilité rares, il nous raconte ce qu’est l’amour au temps des catastrophes.

Couverture du roman Les évaporés
Couverture du roman Les évaporés

Les évaporés, Flammarion, 2013

 

Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu’il n’y a pas de crime, ni la famille parce qu’elle est déshonorée.
Partir sans donner d’explication, c’est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s’évaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ?
C’est ce qu’aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu’il aime encore, il mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?
Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman d’amour. D’une façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que l’on est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite.

Les Évaporés ont obtenu le prix Thyde Monnier de la SGDL et le prix Joseph Kessel – Étonnants voyageurs de la SCAM.

L’envers du monde, Seuil, 2010

 

New York, août 2003.Une chaleur suffocante. Ground Zero, le site des attentats du 11 Septembre, vidé de ses décombres, n’est qu’un trou large comme un quartier. Ce n’est plus le World Trade Center depuis deux ans, et ce n’est pas encore la tour de la Liberté, qui n’est qu’un projet d’architectes. Un non-lieu étrange, une absence dans le paysage.  » Le plus petit désert du monde. » Un vendredi à l’aube, on découvre le corps d’un ouvrier arabe sans identité, jeté là, dans un puits de forage.Les cendres sont prêtes à se ranimer. Le commandant O’Malley, qui se charge de l’enquête, porte un costume sombre et ne transpire jamais. De Manhattan à Coney Island, il rencontre, interroge témoins et suspects. Candice, par exemple, la serveuse aux cheveux ambrés comme la bière qu’on brasse à Brooklyn. Ou Pete, l’ancien policier qui fait visiter le chantier aux touristes et qui a eu une altercation avec le mort.la semaine passée. Obèse et raciste avec ça, il ferait un bon coupable. Et puis il y a Simon, l’écrivain français de cette histoire, qui s’interroge sur l’impossible deuil de ces bouts d’existences américaines. Sans jamais lâcher le mouvement de ses personnages, Reverdy y ajoute un luxe descriptif, un sens du détail, un brio et une musicalité qui lui sont personnels. On le sait  » il faudrait une vie pour raconter une vie « .

L'envers du monde
Les derniers feux

Les derniers feux, Seuil, 2008

 

C’est souvent au moment où l’on s’apprête à tout perdre que la chance nous tend une dernière carte. Le narrateur de ce récit, Thomas, est entraîné par les événements dans un étrange voyage peuplé de spectres, où se superpose aux paysages traversés, depuis les brumes du Périgord jusqu’aux terres jaunes et rouges de Provence, le théâtre d’ombres de ses souvenirs.

C’est à suivre son périple qu’il nous convie, avec Marine, Jules et Alain, Kim, Paul aux yeux de loup, les quelques amis de toujours qui le sauvent de tous les désespoirs par leurs rires d’ogres et leur amour. Grâce à eux, au fil des kilomètres, Thomas ne parviendra pas à retrouver le temps perdu de son enfance enfuie, mais il fera mieux. Il apprendra à s’en libérer. Rompre. Renaître, si c’est possible, sortant du livre, devenant son auteur.

 

 

 

Le ciel pour mémoire, Seuil, 2005

 

« Que les secondes qui s’égrènent finissent par faire des années, c’est le seul mystère ; que nous finissions par vieillir, alors qu’à aucun moment précis nous n’avons changé », écrit quelque part Thomas B. Reverdy, et l’on pourrait dire en écho avec lui que tout le sujet de son livre est là : l’écoulement immatériel du temps, qui transforme une bande de jeunes gens amateurs de beuveries en presque adultes. Mais quelque chose de bien concret a eu lieu : l’un d’eux, Guillaume, a disparu, non sans avoir convoqué tous ses copains, garçons et filles, dans un restaurant russe de New York. La mélancolie new-yorkaise du jeune homme, ses déambulations sur la plage de Cosney Island, le crépuscule sur Manhattan : des pages à couper le souffle, d’une grande beauté de style. La suite de l’histoire nous transporte à Rome, pour s’achever sous le ciel étoilé de la campagne française. Peu à peu se développe le thème majeur : la disparition d’un ami renvoie à une autre blessure, celle qu’on pourrait appeler fondatrice : la mort de la mère, quand le narrateur avait dix-neuf ans Un roman générationnel, mais aussi une œuvre d’une étonnante puissance, lyrique et chaleureuse. On se sent invité à entrer dans le cercle, à partager l’alcool, les larmes et la littérature.

Le ciel pur mémoire

La montée des eaux, Seuil, 2003

 

Voilà des semaines, des années peut-être, que l’hiver s’est installé et, avec lui, une pluie diluvienne qui rend les formes indistinctes, semble vouloir submerger la ville et faire partir le monde entier à la dérive. A la recherche d’une éclaircie, d’un moment de paix, le narrateur dessine peu à peu les contours d’une femme, Eléonore, dont l’amour pourrait le sauver de cet univers gris, de ses lendemains de fête, de ses errances sans rêves, sans mémoire. A l’abri dans l’appartement déserté qui lui fut autrefois familier, Thomas lui aussi cherche à rassembler les souvenirs d’une autre femme, sa mère, dont la mort a transformé les lieux en un labyrinthe où son corps et sa mémoire achoppent. Par la fenêtre il voit se dérouler le rideau d’une pluie qui le coupe à jamais de son enfance en forme de ruines. Des photos, un carnet de voyage, l’odeur de forêts de pins sont autant d’îlots de souvenirs émergeant avec peine du déluge. Seule mesure du temps de ces deux récits entremêlés, la  » montée des eaux  » gagne inexorablement un monde sur le point de sombrer. L’amour y fait figure d’un âge d’or. L’écriture. sa seule arche

On avance à pas comptés dans ce roman éblouissant d’émotions, portées par une prose charnelle, infiniment pudique et sensible.

Michel Abescat

Télérama

Il était une ville est aussi un polar. Et c’est ce mélange d’analyse économique et de relation de scènes violentes, qui fait du livre une réussite originale et fascinante.

Bernard Pivot

le JDD

De chapitre en chapitre, il tisse avec maîtrise, en s’autorisant une embardée dans le temps, une histoire chorale forte, haletante jusqu’à sa dernière page.

Corinne Renou-Nativel

La Croix

Dans la presse, à propos de Il était une ville, en septembre 2015.

Autres textes

Nouvelles, essais, participation à des revues

 

Couverture du roman Les évaporés

Richard Brautigan, 2014

Préface à ses trois premiers romans

à l’occasion de leur réédition en volume chez Christian Bourgois.

Les livres de Scott Fitzgerald sont dans ma bibliothèque, ceux de Richard Brautigan sur ma table de nuit.

Philippe Djian, Lire

Ses dialogues sont d’une exactitude surnaturelle ; la concision de ses descriptions véhicule à la perfection ses perceptions d’un comique extraordinaire.

Thomas McGuane

Bienvenue en Transylvanie, 2013

Bela Lugosi’s Dead

C’est une demande de Véronique Ovaldé qui m’a donné l’occasion de participer à ce recueil de nouvelles. Bela Lugosi’s Dead, dont j’emprunte le titre au groupe de punk-rock Bauhaus, raconte de manière alternée deux histoires : d’un côté un concert du groupe au moment de sa formation, en 1979, en plein « winter of discontent » qui conduit l’Angleterre au fond de la crise et aux portes du tatchérisme ; de l’autre la légende qui fut à l’origine du mythe du vampire, peu de temps après le traité qui vit l’annexion de la Serbie ottomane à l’empire austro-hongrois.

L'envers du monde
Les derniers feux

Collection irraisonnée de préfaces à des livres fétiches, 2009

C’est une belle idée: donner à des écrivains la chance inespérée d’écrire la préface de leur livre «fétiche». Et c’est une belle réalisation: là où tout le monde attendait Proust, Céline ou Stendhal, les auteurs ont choisi de sortir des sentiers battus… Ainsi, Laurence Tardieu, qui écrit sur Le Rêve d’une chose, de Pasolini, Jean-Baptiste Gendarme sur L’Illusion comique, de Bernard Frank, Marie-Hélène Lafon sur Histoire de Tönle, de Mario Rigoni Stern, Philippe Besson sur Fou de Vincent, d’Hervé Guibert, Thomas B.Reverdy surMémoires sauvés du vent, de Richard Brautigan, ou Hélèna Villovitch sur L’Age d’or, de John Cheever. Plus efficace que bien des cours magistraux, cette féconde entreprise devrait être régulièrement renouvelée.

Le Figaro magazine

Le lycée de nos rêves, 2008

En cette rentrée morose, où l’association de l’égoïsme et de la compassion tient lieu de politique, il est des livres réconfortants. Le lycée de nos rêves, de Cyril Delhais et Thomas B. Reverdy est un de ceux-là. Loin des discours du déclin et des pamphlets sur l’école qui font les bons tirages, ces deux auteurs, dans un style vivant et précis, décrivent, en trois « saisons », l’aventure quotidienne qu’ils ont vécue et qu’ils vivent encore avec les protagonistes (professeurs, élèves, familles, entreprises, administration) d’une expérience en grandeur nature d’un « nouveau lycée ». Ce livre mérite d’être lu et relu avec attention tant la description des enthousiasmes, des résistances, des incompréhensions, des hostilités et, surtout, des premiers résultats éclaire les limites de notre société mais aussi la volonté et la créativité encore présentes à l’intérieur même de structures et chez des personnes considérées, par beaucoup de « beaux penseurs », comme perdues.

Mediapart

Le ciel pur mémoire

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