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Hier il a fait beau. Je devrais commencer à compter les jours où ça arrive, parce qu’aujourd’hui ce n’est déjà plus le cas. La prochaine journée de plein soleil a été fixée par la météo à jeudi. Le printemps avance, sans s’installer. Il est comme tout ici, les sakura et le reste, moi compris: il passe.

Cela fait des semaines que je m’interroge, et j’ai fini par consulter (un site internet). Déjà en hiver, je trouvais qu’il faisait atrocement froid. Mais c’était l’hiver. Je vécus avec une couverture sur les épaules et un radiateur sous mon bureau, pendant trois mois, jusqu’à début mars.

Début avril, les températures commençaient à se faire plus douces, et à la fin du mois je renvoyai en France tous mes pulls et mes manteaux, tous. Il fait, depuis, entre 18 et 26 degrés. J’ai cru que c’était gagné. J’ai commencé à écrire sur la terrasse, profitant d’une vue magnifique, sublime. Et puis ça s’est gâté de nouveau: il pleut. Entre trois et quatre jours par semaine. Il y a du vent et il pleut.

Sur le site que j’ai consulté, les moyennes annuelles depuis 1950 sont formelles: jusqu’au mois de juillet, il va faire, en gros, dix degrés de plus qu’à Paris, et il va pleuvoir quatre fois plus – quatre fois plus! J’essaie d’imaginer le nombre de jours de pluie qui viennent nous gâcher le printemps et le début de l’été, à Paris, et je me dis qu’à chaque fois j’en prendrai, ici, pour quatre jours. Vingt-deux centimètres de flotte en juin et en juillet. De quoi se noyer plusieurs fois.

(Apparemment, avec de gros orages et des vents violents, ils appellent ça des “typhons”.)

C’est un peu fatigant, de sentir qu’on va vers l’été (vers un été où on va crever de chaud, même), et de ne pas pouvoir sortir de chez soi parce qu’il pleut. On sent monter une envie de tee-shirt, de thé glacé et de lunettes de soleil. Au lieu de quoi on fait des infusions de thym contre l’angine, et on court les magasins pour dénicher un imperméable. Et encore, je n’en ai pas trouvé. Il pleut tellement, qu’il vendent chez Muji des ponchos à capuche, en plastique, qui descendent jusqu’aux pieds, transparents – moches.

Même les collections estivales de chaussures sont en plastique.

C’est très inquiétant.

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